Dr. Pascal Serge Christel: Un chirurgien specialiste du genou exception
Juillet 23, 2001
Dr. Pascal Serge Christel: Un chirurgien specialiste du genou exceptionnel
Le Dr. Pascal Serge Christel est un des leadeurs de la chirurgie orthopédique en France. En plus de diriger son propre cabinet privé, il est professeur de chirurgie orthopédique à l'université Paris 7 et sécrétaire général de la société française d'Arthroscopie. Ses domaines de spécialité comprennent la médecine du sport, l'arthroscopie, et la chirurgie du genou.
Knee1: Pourriez-vous me décrire une de vos journées typiques?
Dr. Christel: Mes journées commencent habituellement à 8h. D'habitude je commence par la chirurgie ou les consultations externes. Lorsque je fais de la chirurgie, je suis souvent là toute la journée, de 8h à 20h et j'exécute 10 opérations. Le type de chirurgie que j'exécute est le plus souvent de la chirurgie du genou pour traiter des blessures du sport.
Knee1: Est-ce que la plupart de vos patients sont des athlètes? De quelle manière la plus commune se blessent-ils au genou?
Dr. Christel: Oui, la plupart de mes patients sont des athlètes. En France, les deux causes principales de déchirures du Ligament Croisé Antérieur (LCA) sont les accidents de football et de ski. J'ai aussi affaire la plupart du temps à des athlètes qui pratiquent le judo et je travaille avec le médecin de l'équipe nationale de judo de France. Le judo est très populaire en France. Nous avons 500 000 judokas licenciés, et aux derniers jeux olympiques nous avons gagné six médailles.
Knee1: Notez-vous une différence des risques de blessure du genou entre les hommes et les femmes?
Dr. Christel: Ils dépendent du sport, mais il y a légèrement plus de femmes que d'hommes avec des blessures du genou.
Knee1: Mais une fois que vous réparez le LCA , ces athlètes peuvent-ils à nouveau retrouver leur forme maximale?
Dr. Christel: Cela prend au moins un an avant qu'ils puissent reprendre la compétition à niveau élevé. Cela ne veut pas dire qu'ils retrouvent leur meilleur niveau après un an, mais ils peuvent reprendre la compétition internationale.
Knee1: Travaillez-vous avec ces athlètes pendant leur année de rééducation et d'entraînement?
Dr. Christel: Oui. Je les suis de très près après leur opération. Pendant les six premiers mois, habituellement tout se passe bien; ils reviennent pour des consultations. Mais après six mois, quand leur genou commence à aller mieux, ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient revenir voir le docteur. Nous perdons beaucoup de ces patients après six mois. C'est un combat constant entre ces athlètes et les médecins pour le suivi médical.
Knee1: Comment vos opérations du genou ont-elles évolué au cours de ces dernières années?
Dr. Christel: Les techniques sont beaucoup plus précises maintenant qu'elles l'étaient il y a dix ans. Nous avons plus de connaissance et de meilleurs instruments. Je pense que nous avons toujours beaucoup à apprendre.
Knee1: Hormis les athlètes, quels autres patients rencontrez-vous?
Dr. Christel: J'aime me voir en tant que chirurgien "vertical" du genou. Je prends soin de chacun, des enfants aux personnes âgées. Ainsi je traite des cas de médecine du sport, je m'occupe de cas d'enfants, je réalise des remplacements du genou , toutes sortes d'opérations.
Knee1: Les déchirures du Ligament Croisé Postérieur (LCP) se produisent moins fréquemment que les déchirures du LCA. Pourquoi?
Dr. Christel: Le LCP est un ligament plus fort. Pour déchirer le LCP, vous avez également besoin de beaucoup plus d'énergie. Selon l'endroit où vous travaillez, vous pouvez avoir affaire à des blessures du LCP suite à des accidents de la route ou suite à des accidents du sport. Cinquante pourcent des cas sont liés aux accidents de la route, et l'autre moitié est liée aux blessures du sport.
Knee1: Quel est l'avantage de la chirurgie du LCP?
Dr. Christel: La plupart des déchirures dans le genou sont des déchirures du LCA. Il y a en moyenne une déchirure de LCP pour dix déchirures de LCA. Avec la déchirure du LCP, il n'y a pas de problèmes immédiats. Parfois pendant 20 ans, le patient ne se plaindra pas de sa blessure. Pour les blessures du LCA en comparaison, c'est beaucoup moins fréquent. Très peu de chirurgiens orthopédiques prennent soin du LCP parce qu'il est beaucoup plus difficile à reconstruire que le LCA. Et puisque ce n'est pas une opération fréquente, très peu de chirurgiens y sont formés. Par hasard, j'ai été impliqué dans ce domaine dans le milieu des années 90 et maintenant j'opère environ 30 cas par an.
Knee1: La période de réadaptation est-elle plus longue pour une reconstruction du LCP?
Dr. Christel: Oui, elle est beaucoup plus longue. En fait, cela prend environ deux fois plus de temps que la réadaptation du LCA.
Knee1: Quelle est votre plus importante contribution à la médecine?
Dr. Christel: Ma contribution la plus importante est l'utilisation des matériaux bioabsorbables pour la chirurgie orthopédique. Je suis l'un des inventeurs de l'utilisation des métaux bioabsorbables. Il y a vingt-cinq ans, en 1976, nous avons obtenu le brevet décrivant l'utilisation des acides polylactiques et polyglycoliques pour la fabrication des implants de fixation interne, comme les plaques, les vis, les goupilles, etc... C'est une grande contribution parce que pendant les 18 premières années, personne d'autre ne pouvait employer le brevet à moins de payer des droits. Les compagnies ne pouvaient pas travailler autour de notre brevet parce qu'il couvrait un large domaine. Après 20 ans, tous les concurrents ont lancé des produits semblables sur le marché.
Knee1: Comment les matériaux bioabsorbables ont-ils changé la chirurgie du genou?
Dr. Christel: Elle a changé la chirurgie parce que le chirurgien ne doit plus retirer le matériel implanté. Quand vous employez un matériau non-absorbable, parfois les patients se plaignent de la douleur du frottement entre l'implant et les tissus du genou. Dans ces cas-là, le chirurgien doit retirer le matériel implanté dans le genou lors d'une seconde opération. Quoique cette opération ne soit pas compliquée, les patients et les chirurgiens préfèrent l'éviter. Ainsi lorsque vous employez les matériaux bioabsorbables, vous ne devez pas retourner en salle d'opération pour retirer le matériel. En outre, avec une technique sophistiquée de formation d'images telle que l'imagerie par résonance magnétique (IRM) , si vous employez des implants métalliques, vous n'obtenez pas de bonnes images en raison des artefacts que crée le métal implanté dans le champ magnétique. Si vous employez des implants en plastique ou bioabsorbables, le résultat est meilleur. Vous pouvez obtenir de très bonnes images. Avec les bioabsorbables, vous n'avez pas de corrosion ou de toxicité locale. Vous pouvez avoir d'autres problèmes, mais pas ceux que vous rencontreriez avec les implants métalliques.
Knee1: Les bioabsorbables sont-ils populaires maintenant que le brevet a expiré?
Dr. Christel: Les bioabsorbables sont largement répandus dans plusieurs pays, d'avantage en Europe qu'aux Etats-Unis. Ils sont les outils standard dans les implants que nous réalisons . C'est pour des raisons culturelles qu'ils ne sont pas employés aux Etats-Unis avec la même ampleur.
Knee1: Qu'aimeriez-vous faire au cours des dix années à venir?
Dr. Christel: Je voudrais tourner mon activité exclusivement vers la chirurgie du genou. Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, comme la réparation du cartilage et la réparation meniscale . Actuellement nous pouvons réaliser des choses en réparation meniscale que nous ne pouvions pas réaliser il y a 15 ou 20 ans, mais nous avons toujours un certain pourcentage d'échec. Nous travaillons constamment pour améliorer les matériaux, pour améliorer les dispositifs, et pour améliorer nos techniques. Sauver le ménisque et la réparation du cartilage soulèvent des questions clé pour le futur du genou. Si vous voulez éviter les dégâts à long terme, vous devez faire très attention au ménisque et au cartilage.
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